L'islamophobie occidentale

Publié le par Ekopol

Zero Dark Thirty s’ouvre avec un fond noir sur lequel s’inscrit un avertissement indiquant : « Ce film est basé sur des comptes rendus de faits réels ». Et, quelques deux heures trente plus tard, le long métrage réalisé par Kathryn Bigelow se conclut sur une séquence montrant l’héroïne que nous aurons suivie tout au long du film, une jeune femme, agent de la CIA, qui entrouvre un sac mortuaire et découvre le visage du cadavre que le commando desNavy Seals a rapporté après le raid opéré dans la nuit du 1er au 2 mai 2011 sur la villa d’Abbottabad au Pakistan.

En arrière plan, un militaire est au téléphone, en communication avec un haut responsable à Washington. Après un regard approbateur de la jeune femme, le militaire transmet : « L’expert de la CIA nous annonce une confirmation visuelle à 100% » [1]. Ainsi la protagoniste du film – dénommée Maya – délivre-t-elle aux autorités américaines, comme aux spectateurs, la confirmation que le cadavre, exfiltré du Pakistan le 2 mai 2011, est celui de l’ennemi public numéro un de l’Occident, une attestation comme quoi Ben Laden est bien mort après être resté mystérieusement insaisissable durant près de dix ans… Cependant, les spectateurs non avertis ignorent que cette héroïne est un simple pantin de cinéma, un personnage fictif qui nous a conduit dans un labyrinthe plus ou moins imaginaire à la recherche du fantôme d’Oussama Ben Laden, un labyrinthe créé par un scénariste, Mark Boal, et vendu au monde comme une réalité tangible par l’artifice des « comptes rendus de faits réels ».

Ces deux jalons qui encadrent le film sont révélateurs de la roublardise des producteurs et des auteurs qui sont à l’origine de l’événement médiatique et politique qui a marqué la fin d’année 2012 aux USA, et qui est arrivé en France en ce début d’année, et révélateurs du décor en trompe l’œil dans lequel nous projette le film de Kathryn Bigelow. Tout d’abord, que signifie exactement cette mention selon laquelle le film est basé sur des « comptes rendus de faits réels » ? Une chose est claire, cet avertissement a pour but de convaincre le spectateur qu’il va assister à une reconstitution cinématographique relativement rigoureuse d’événements ayant réellement eu lieu. Et pourtant, à y réfléchir, on se rend bien compte que la mention ne veut tout simplement rien dire : de quels comptes rendus s’agit-il ? De comptes rendus de témoins indépendants ou alors des autorités politiques ou militaires ? De ceux des médias ou encore de services américains de renseignement comme la CIA ? Il s’avère, en fait, que cette dernière option semble être la bonne, la promotion du film nous indiquant que la CIA aurait ouvert ses archives et réservé des révélations au scénariste du film… Mais l’Histoire nous enseigne que cette agence, la CIA, qui a pour fond de commerce la duplicité, est libre de produire à l’attention d’Hollywood les comptes rendus qui lui chantent [2]. Cette mention est donc vide de sens. Par ailleurs, dès les premiers signes de polémique aux États-Unis, concernant les séquences de torture présentes dans le film, la production s’est défaussée et a prétexté la liberté artistique que prodigue la fiction cinématographique pour faire savoir que le film pouvait s’affranchir de toute vérité historique et ainsi se protéger des attaques. Les propos de Mark Boal lui-même, lors de la promotion du film, confirment le changement de communication : « Nous avons essayé de trouver l’équilibre entre réalisme et fiction. Notre film n’a pas la vocation d’être un documentaire. » Malgré cette couardise, les producteurs conserveront la mention de départ citée plus haut, suffisamment ambivalente pour faire illusion, sans qu’il soit nécessaire pour eux d’assumer l’enjeu politique du film.

Notons également que Mark Boal, le scénariste de Zero Dark Thirty, avait déjà usé d’une stratégie semblable lors de sa première collaboration avec Kathryn Bigelow. Profitant des informations recueillies alors qu’il était journaliste en Irak, Boal avait pu vendre son scénario à Hollywood en vantant le réalisme caractérisant le protagoniste du filmDémineurs et la trame documentée de l’histoire qu’il racontait. Mais quand le sergent Jeffrey Sarver, que Mark Boal avait suivi pendant des semaines pour décalquer son personnage principal, a demandé à être crédité sur le film, les avocats du scénariste ont aussitôt répliqué que le scénario de Démineurs n’était en réalité qu’une simple fiction… Et si, pour eux, la partie a été facile, elle le fut moins pour le véritable démineur rescapé de la guerre en Irak. Sarver a vu sa plainte rejetée et s’est trouvé condamné à rembourser les frais d’avocats de l’auteur, soit la modique somme de 187 000 dollars ! Dans l’usine à rêves d’Hollywood, pas de place et pas de pitié pour le petit soldat qui aura mangé la poussière du sol irakien… De son côté, Mark Boal remportera pour Démineurs l’Oscar du meilleur scénario original, plébiscité précisément pour sa dimension réaliste…

Revenons à Zero Dark Thirty et à cette dernière séquence du film caractéristique d’une dimension de ce projet que la presse s’abstient de commenter, à savoir, la représentation pour un large public de la réalité communiquée par les autorités américaines concernant l’existence d’un Oussama Ben Laden qui serait resté reclus jusqu’en 2011 et sa mort le 2 mai de cette année-là. Car, malgré le barnum médiatique que nous avons connu il y a près de deux ans, cette prétendue réalité ne reste en fait – jusqu’à preuve du contraire – qu’un vaste storytelling de l’administration Obama, un récit aussi opportun qu’improbable si l’on tient compte du fait que les autorités américaines se sont toujours refusées à produire les preuves – vérifiables par le citoyen – soutenant les allégations qu’elles avançaient concernant cet événement.

D’ailleurs, dans les scènes qui précèdent l’intervention militaire au Pakistan, le film nous offre une réplique intéressante d’un palefrenier de la Maison Blanche à un responsable de la CIA qui tire sur la bride afin qu’Obama donne son feu vert pour envoyer un commando dans la villa où Ben Laden se cacherait : « Le Président a un esprit analytique. Il a besoin de preuves. » Il s’avère que, tout comme le Président des États-Unis, nous, citoyens du monde, avons également un esprit analytique. De même, tout comme le film nous raconte qu’Obama a besoin de preuves pour croire les cadors de la CIA, nous avons besoin de preuves pour croire Obama… Mais, bien entendu, il est regrettable que le commando envoyé par ce dernier ait maladroitement tué Ben Laden alors qu’il était au final seul et désarmé, tout aussi regrettable que son corps ait été, aussitôt après, jeté à la mer… Et c’est également dommage qu’Obama ne daigne pas publier les photos qu’il prétend détenir du cadavre de son prestigieux trophée… Autant de preuves auxquelles nous souhaitons nous fier bien davantage qu’à un storytelling soigneusement distillé par une administration dont la principale agence de renseignement, la CIA, détient un palmarès de coups tordus et de crimes de masse sans équivalent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Nous y reviendrons.

Ensuite, remarquons que Zero Dark Thirty nous met en situation de suivre un fantôme, à savoir le personnage fictif de Maya, jeune fille pâle et invraisemblable, sans autre vie que la froide vengeance qu’elle poursuit dix ans durant en arpentant les couloirs de la CIA et les antichambres de la mort que sont les « sites noirs », les prisons secrètes de l’agence. Et c’est finalement cet être imaginaire et fantomatique que les auteurs utilisent dans la séquence finale du film pour valider, aux yeux du spectateur, la disparition médiatique d’un autre spectre, celui d’Oussama Ben Laden. Rappelons que ce fils d’une grande famille saoudienne liée à la famille Bush par les intérêts diplomatiques et le commerce du pétrole est avant tout une créature hybride née des manipulations stratégiques opérées par la CIA durant la guerre froide pour favoriser l’effondrement de l’URSS. Une fois passé ce cap, et plus encore après le 11 Septembre, la figure de Ben Laden, agrémentée de la nébuleuse al-Qaïda, sera recyclée en épouvantail de super production afin de faire admettre au monde entier deux guerres d’agression, illégales et illégitimes, en Afghanistan et en Irak, accomplies en toute impunité par les forces militaires des États-Unis et leurs alliés sous le prétexte opportun et ambivalent de la « guerre au terrorisme ».


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Le labyrinthe sophistiqué créé par Mark Boal pour construire le scénario de Zero Dark Thirty reprend des morceaux épars et improbables de l’histoire officielle concernant la traque supposée de Ben Laden et les assemble en tordant la réalité autant que nécessaire dans les courbes de son récit fictionnel. Ainsi peut-il aligner les faits dans une perspective relativement cohérente aux yeux du spectateur. Dans sa première moitié, le film est rythmé par la répétition des attentats qui ponctuent le déroulement de cette traque, la recherche des suspects, leur capture, les interrogatoires et les séances de torture. Le film s’ouvre par une évocation sonore des attaques du 11 septembre 2001. Plus loin survient la fusillade d’al-Khobar en Arabie Saoudite en 2004, ensuite les attentats de Londres en 2005, puis d’Islamabad au Pakistan en 2008 et, enfin, l’attentat suicide dans la base américaine de Camp Chapman en Afghanistan, en 2009. À chaque reprise, ces reconstitutions sont suivies d’une intégration de véritables images d’actualités extraites des journaux télévisés de l’époque, ces archives étant susceptibles de renforcer, dans l’esprit du spectateur, l’illusion que le scénario du film présente une transcription fidèle de la réalité. Et dans la dynamique du récit, cette représentation permet de justifier implicitement l’usage de la torture.

Par ailleurs, le film utilise habilement la construction dramaturgique et les techniques de montage propres au cinéma pour canaliser l’attention du spectateur dans ce bazar obscurantiste. Ainsi, le subterfuge de l’ellipse permet de dissoudre dans quelques séquences anecdotiques la période de trois ans qui s’écoule entre les attentats de juillet 2005 dans la capitale britannique et celui de l’hôtel Marriott à Islamabad en septembre 2008. Ces trois années ont été forcément infructueuses puisque Ben Laden restait alors insaisissable, mais par la magie de l’ellipse, le film s’affranchit de toute rationalité et nous entraine, avec son héroïne, à l’écart des réalités du monde. Ainsi, Zero Dark Thirty ne traite jamais des faits qui, dans cet intervalle, sont venus contrarier le récit officiel américain, comme l’entretien accordé en novembre 2007 par Benazir Bhutto à la chaine al-Jazira, dans lequel l’ex-Premier ministre du Pakistan mentionnait que Ben Laden avait été assassiné par Omar Sheikh, un agent de l’ISI pakistanaise, cette révélation tombant quelques semaines avant qu’elle-même ne disparaisse, victime d’un attentat suicide.

LOGIQUE DE RAISONNEMENT À GÉOMETRIE VARIABLE

Il est intéressant d’observer la logique de raisonnement qui anime au cours de leur enquête les agents de la CIA tels qu’ils sont dépeints dans Zero Dark Thirty. Et il est surprenant de constater que cette logique pour le moins élémentaire n’a pas été vraiment mise en œuvre et suivie dans la vraie réalité, la réalité non cinématographique, pour explorer les zones d’ombre du 11 Septembre avec la même efficacité que celle supposée dans le film :

Lors d’une séance de waterboarding (technique de torture par simulation de noyade), Dan, agent de la CIA et collègue de l’héroïne, demande à Ammar, le prisonnier dont il inonde le visage : « Ben Laden, tu l’as vu quand pour la dernière fois ? »

Avant même d’envisager cet usage prosélyte de la torture sur nombre d’étrangers refusant de se soumettre sans réserve aux caprices de l’impérialisme américain, il eut été heureux que les agents de la CIA entreprennent de poser cette question précise, « Ben Laden, tu l’as vu quand pour la dernière fois ? », aux membres de leurs propres services, si l’on tient compte de l’information titrée par Le Figaro selon laquelle, le 12 juillet 2001, Ben Laden rencontrait à l’hôpital de Dubaï, où il était soigné pour sa maladie rénale, le chef d’antenne local de la CIA, précisément, Larry Mitchell.

Alors que le prisonnier torturé pendant la première demi-heure du film, Ammar, demande de l’aide à Maya, la jeune recrue de la CIA louée pour sa détermination, celle-ci lui répond : « Vous vous aiderez vous-même si vous nous dites la vérité. »

Les dirigeants américains, à commencer par Barack Obama, seraient bien inspirés de suivre le précepte de la jeune Maya (sans qu’ils aient pour autant à endurer le waterboarding…) et de rendre public les enregistrements effectués par les dizaines de caméras entourant le Pentagone le 11 Septembre, de rendre enfin public les débris résiduels marqués par des numéros de série correspondant à ceux des quatre avions de ligne victimes des crashs officiels du 11 Septembre et, bien entendu, d’accepter enfin l’ouverture d’une enquête criminelle réellement indépendante afin de faire la lumière sur l’ensemble des questions restées sans réponse à la suite du 11 Septembre. La Constitution des États-Unis d’Amérique s’ouvre avec ces mots : « Nous, Peuple des États-Unis… » ; les responsables actuellement aux commandes de la première puissance mondiale aideraient grandement le peuple qu’ils sont supposés représenter, et le reste de la planète, en laissant la vérité sur cet événement fondateur de notre siècle éclater au grand jour.

Au cours d’une réunion tenue par la CIA, un des agents annonce au sujet de l’ISI, les services de renseignement pakistanais : « L’ISI est lent à réagir et on commence à penser que si les services pakistanais sont lents, ce n’est pas seulement du fait de leur incompétence. » Ce qui suppose, selon ces agents de cinéma, que l’ISI ferait en sorte d’entraver délibérément le déroulement des opérations de lutte contre le terrorisme international quitte à laisser supposer qu’ils n’y peuvent pas grand-chose, du fait de l’incompétence de leurs services.

Il est ironique de constater que si l’on replace un tel dialogue dans le contexte américain en remplaçant l’ISI par la CIA et le Pentagone, avant ou pendant le 11 Septembre, l’analyse des événements de 2001 aurait de bonnes chances de se révéler pertinente, mais une telle analyse serait assurément qualifiée par les autorités et les médias de conspirationniste…

Enfin, lors d’un dialogue entre deux agents de la CIA, Maya et Jessica, cette dernière suggère à sa jeune collègue l’usage de l’argent pour faciliter l’obtention d’informations de la part de membres d’organisations islamistes : « Une chose dont on peut être sûres, c’est que les gens aiment l’argent. »

Est-ce que cet aphorisme peut faire office de généralité pour caractériser la nature humaine ? En tout cas, gageons qu’il est approprié pour ce qui concerne les promoteurs zélés des valeurs matérialistes et de l’ultralibéralisme effréné que sont les néoconservateurs au pouvoir aux États-Unis à partir de 2001… Ainsi, sur la base d’une pareille certitude concernant l’avidité, les vertueux et dévoués agents cinématographiques de la CIA – aussi intraitables qu’infatigables – pourraient-ils sortir de l’écran (à l’image du héros du film La rose pourpre du Caire) et venir faire un tour dans notre réalité afin d’examiner par quel enchaînement de circonstances le Vice-président Dick Cheney, ancien dirigeant d’Halliburton, a empoché des millions de dollars de bénéfices personnels grâce à l’invasion de l’Irak, comment le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a gagné une fortune en 2005 grâce à la société Gilaed en contrat avec le Pentagone et comment la famille Bush était financièrement liée à la famille Ben Laden à travers le groupe Carlyle.

LA PREUVE PAR LA FICTION

Évidemment, qui n’a pas conscience des anomalies de la version officielle concernant le 11 Septembre et l’épouvantail Ben Laden aura de bonnes chances d’avaler le film comme un épisode surdimensionné de la série « 24 » dans lequel l’agent Jack Bauer aurait été mis sur la touche pour faire place au casting des Drôles de dames. En revanche, celui qui a conscience de ces anomalies éprouvera probablement un certain malaise à la vision deZero Dark Thirty.

La presse s’est particulièrement répandue en éloges sur l’efficacité cinématographique de la partie finale du film qui reconstitue l’assaut, par le commando américain, de la villa d’Abbottabad où il est dit que Ben Laden se cache. Pour notre part, nous ferons quelques remarques. Cette séquence s’inscrit dans l’imaginaire du western renforcé par une logique de vengeance en cohérence avec la violence guerrière anglo-saxonne. Rappelons que le nom de code donné à la mission de ce commando est Geronimo, ce qui est un choix d’un rare cynisme, au regard du sombre génocide que les colons blancs ont accompli vis à vis des Indiens d’Amérique. Est-ce donc le sort qui attend aussi les populations arabes et musulmanes qui ont eu la mauvaise idée de naître sur des terres riches en ressources naturelles ou visées par la soif de conquête des puissances occidentales ?

Si l’on se détache un instant de la mise en scène enjôleuse de Kathryn Bigelow, l’assaut de la villa par les Navy Seals a quelque chose de dérisoire, voire pitoyable. Le film nous montre un commando surarmé qui assassine quelques pauvres diables en djellaba comme autrefois on descendait des Indiens dans les westerns, ou comme aujourd’hui chacun peut « buter » des monstres dans un jeu vidéo. Et à aucun instant les auteurs du film n’indiquent aux spectateurs qu’ils sont conscients de ce fait, étant davantage soucieux de bien mettre en image ce qui a été développé dans le récit officiel… Les premiers coups de feu tirés par l’ennemi à l’intérieur de la villa, contraignant le commando à riposter… La tension et la confusion des derniers instants aboutissant à l’exécution « malencontreuse » de la cible Ben Laden… La séance de photographie du cadavre… Rien ne manque à l’appel. Zero Dark Thirty fournit au public les preuves qu’Obama a manqué de lui présenter en 2011. Il nous offre, comme substitut des faits avérés, un spectacle en immersion, la preuve par la fiction.

Pourtant, est-ce parce qu’un film met en avant un style réaliste, foisonnant de détails, de noms orientaux, de décors naturels, de costumes appropriés et de dialogues ciselés mêlant informations intelligibles et déductions logiques, que les faits que ce film énonce sont véridiques ? Comment la presse peut-elle confondre si vite la forme et le fond ? Zero Dark Thirty est bien une fiction scénarisée où sont injectés quelques événements ayant fait la une de l’actualité. Il s’agit d’une pirouette qu’affectionne particulièrement Hollywood et qui caractérise de nombreux scénarios, comme celui de Titanic, par exemple. Et dans la trame du film de Kathryn Bigelow, le bon petit agent Maya et le grand méchant Ben Laden n’ont pas beaucoup plus de consistance historique que Jack et Rose, le couple qu’avait inventé James Cameron pour donner au récit de Titanic l’ampleur dramaturgique qu’il souhaitait.

Dans la prochaine partie de cette analyse au sujet de Zero Dark Thirty, nous reviendrons sur le peu de réserve critique que les médias manifestent à l’égard du rôle essentiellement positif attribué dans le film à la CIA, au cœur de la puissance américaine, et ce malgré l’historique inouï de coups tordus et de crimes de masse commis à l’étranger par cette agence, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

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