Le maître du chaos!...

Publié le par T Meysan

Selon les propos de Robert Bockholt, un Lieutenant-colonel et responsable des affaires publiques en relation avec les Forces Spéciales US (SOCOM), les forces d’opérations spéciales américaines auraient été déployées dans 133 pays (ce qui représente près de 70 % du nombre total de pays dans le monde).

Malgré ses énormes et importantes conséquences, cette guerre globale et secrète, menée à travers le monde, est inconnue des Américains. Mis à part le fiasco au Yémen en décembre dernier, la grande majorité des missions d’opérations spéciales sont maintenues secrètes, à l’abri de tout contrôle externe ou d’analyse approfondie par la presse. En fait, à part les quelques bribes d’informations (fortement sélectionnées) fournies par les services militaires, les divulgations officielles par la Maison blanche, mettant encore une fois en avant les membres du SEAL ou nous présentant les propos rapportés par des journalistes privilégiés qui étaient sur les lieux au moment propice, une grande partie de ce que font les forces spéciales n’est jamais soumise à une analyse minutieuse, ce qui ne fait qu’augmenter les chances d’avoir des conséquences catastrophiques ainsi qu’un retour de manivelle inattendu.

« Le commandement est à son paroxysme. C’est en effet un âge d’or pour les opérations spéciales », explique le Général Joseph Votel III, diplômé de l’Académie militaire de West Point (2) et Rangers de l’armée américaine, alors qu’il était à la tête du commandement du SOCOM en août dernier. Bien que son discours puisse paraître ampoulé, il n’exagère absolument pas : depuis le 11 septembre 2001, les forces d’opérations spéciales ont connu une croissance considérable, que ce soit en termes de nombre de membres, de budget, de leur influence à Washington et de la place qu’elles occupent dans l’imagination des Américains. Les membres du commandement sont deux fois plus nombreux qu’en 2001 (ils sont passés de 33 000 à 70 000 aujourd’hui), et il y a eu 8000 personnes de plus pendant les trois ans durant lesquels le chef amiral du SOCOM William Mcraven (qui a récemment pris sa retraite) était en fonctions.

Les membres les plus importants des troupes du SOCOM sont les Rangers, les bérets verts et les autres soldats de l’armée, suivis des commandos de la Air Force, les SEALs, Special Warfare Combatant-Craft Crewmen (3) et le personnel de soutien de la Navy, de même qu’un petit nombre provenant de l’infanterie de marine. Cependant, vous ne vous ferez une idée de l’étendue du commandement que si vous tenez compte de l’ensemble de « commandements sous-unifiés » parmi lesquels sont divisées ces troupes d’opérations spéciales : - SOCAFRICA, SOCEUR, le groupe européen ; - SOCKOR, qui est essentiellement dédié à la Corée ; - SOCPAC, qui couvre les régions de l’Asie-Pacifique ; - SOCSOUTH, qui mène des missions en Amérique centrale, en Amérique du Sud, et aux Caraïbes ; - SOCCENT, le commandement sous-unifié de l’US Central Command (CENTCOM) au Moyen-Orient ; - SOCNORTH, qui s’occupe de la « défense nationale » ; - Enfin, impliqué un peu partout dans le monde le JSOC (Joint Special Operations Command), un sous-commandement clandestin (précédemment dirigé par McRaven et ensuite Votel), composé de membres provenant de chaque branche, notamment les membres du SEALS, les soldats de l’air de l’Air Force et la Delta Force de l’armée, qui se spécialise dans le traçage et l’assassinat de personnes soupçonnées de terrorisme.

Et ce n’est pas encore fini. En raison de la volonté de McRaven de créer « un réseau global de SOF (Special Operation Forces) composé d’inter-institutions d’alliés et de partenaires ayant la même mentalité », les officiers de liaison des forces spéciales sont désormais incorporés dans 14 ambassades importantes des États-Unis pour conseiller les forces spéciales des nations alliées. Selon Votel, le SOLO, déjà en activité en Australie, au Brésil, au Canada, en Colombie, au Salvador, en France, en Israël, en Italie, en Jordanie, au Kenya, en Pologne, au Pérou, en Turquie et au Royaume-Uni, est sur le point de s’étendre jusqu’à 40 pays d’ici 2019. Le commandement, et en particulier le JSOC, a aussi établi des liens étroits avec la CIA, le FBI et la NSA, entre autres.

En 2001, avant que les forces « black ops » américaines ne lancent leur guerre massive et clandestine contre le terrorisme, il y avait 33 000 membres du commandement des opérations spéciales et près de 1800 membres de l’élite de l’élite, le Joint Special Operations Command. Il y avait également 23 groupes terroristes, allant du Hamas à l’armée républicaine irlandaise véritable, reconnus par le Département de l’État, y compris Al Qaeda, dont le nombre de membres était estimé à entre 200 et 1000. Ce groupe avait sa base en Afghanistan et au Pakistan, bien que des petits organes mènent des opérations dans de nombreux pays comme en Allemagne et aux États-Unis.

Après plus de dix ans de guerre secrète, de surveillance massive, d’attaques aériennes secrètes, d’arrestations et d’assassinats, sans mentionner les milliards de dollars dépensés, l’on voit bien que les chiffres parlent d’eux même. Le SOCOM a doublé en termes de membres et le JSOC pourrait être aussi éminent que l’était le SOCOM en 2001. Depuis le mois de septembre de la même année, 36 nouveaux groupes terroristes ont émergé, y compris les différentes branches d’Al Qaeda, leurs alliés… Aujourd’hui, ces groupes opèrent toujours en Afghanistan et au Pakistan (il y existe une quinzaine de groupes affiliés), et ils opèrent aussi au Mali, en Tunisie, en Libye, au Maroc, au Nigeria, en Somalie, au Liban et Yémen, parmi d’autres pays. Une ramification, née de l’invasion américaine de l’Irak, a mûri dans un camp prisonnier américain et, connu aujourd’hui sous le nom d’État islamique, contrôle une grande partie de ce pays et du pays voisin, la Syrie ; le rêve des djihadistes d’avoir un proto-califat dans le cœur du Moyen-Orient s’est réalisé. Ce groupe dispose, à lui seul, de 30 000 soldats et est parvenu à s’accaparer une grande partie du territoire irakien, comprenant la deuxième plus grande ville d’Irak

Général Joseph Votel membre du commandement des opérations spéciales

Général Joseph Votel membre du commandement des opérations spéciales

Publié dans L'empire du Chaos

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