De l'islam en France à l'islam de France!...

Publié le par C Chitour

Encore une fois les Musulmans à leur corps défendant sont invités dans le débat qui fait rage partout dans le monde: que faire de ces musulmans pris dans leur globalité et qui posent problème à l’Occident? Manipulés en tout sens, ils sont victimes de manoeuvres des puissances des ténèbres, qui les font représenter par un islam sanguinaire qui leur donne toutes les légitimités au nom de la responsabilité collective de faire des musulmans des parias. Au lieu de construire un vivre ensemble et donner les mêmes chances à tous les jeunes de France, on délibère sur les conséquences regrettables certes, sans s’interroger sur les causes.

Les attentats djihadistes au nom de l’Islam

Cette semaine sera à marquer d’une pierre noire. En dehors du brasier d’Alep, il y a eu la mort de l’ambassadeur de la Russie pays qui tente d’arrêter la spirale de la violence, il y a eu les attaques terroristes devenues rituelles en Turquie. Il y a eu aussi l’attaque en Jordanie qui fit plus d’une douzaine de morts – musulmans- que les médias occidentaux ont rapidement zappé préférant zoomer sur l’attaque terroriste en Allemagne. Curieusement ce n’est pas un langage de vengeance qui sera donné par la chancelière qui en appelle à l’unité, mais aussi au devoir de ne pas s’écarter de la noblesse de sa politique d’accueil de l’étranger. Elle déclare: «Les raisons de cet acte atroce seront éclaircies, a assuré la chancelière. Nous n’en savons pas beaucoup sur cet acte, mais nous pouvons déjà dire qu’il s’agit d’un acte terroriste. Je sais que cela serait pour nous particulièrement difficile à supporter s’il se confirme que cet acte a été commis par une personne qui a demandé à l’Allemagne protection et asile. Ce serait particulièrement odieux pour tous ces Allemands qui sont engagés jour après jour pour aider les réfugiés et pour tous ces gens qui ont besoin de notre protection chaque jour et s’efforcent de s’intégrer. Nous ne voulons pas vivre avec la peur qui nous est imposée par le mal. Nous allons trouver la force de continuer à vivre libres, ensemble et dans un esprit d’ouverture?»

Le langage guerrier des politiques

«Nous sommes en guerre» des responsables en France toutes tendances confondues et qui adoptent des lois de plus en plus contraignantes et liberticides sauf que pour le moment, le maître mot est que c’est un mal nécessaire. Le danger est de voir de plus en plus le corps social travaillé par ces appels à la haine de Français musulmans pratiquant l’amalgame en omettant de dire que les musulmans sont les premiers à en souffrir. Le New York Times a compilé plus de mille témoignages recensant la souffrance quotidienne des femmes musulmanes en Europe, plus particulièrement en Belgique et en France. Plus d’un millier de femmes ont répondu, «de France, de Belgique et d’ailleurs», faisant part de leur détresse et des discriminations quotidiennes dont elles font l’objet parce qu’elles sont musulmanes – voilées ou non.: «Peur un jour de porter une lune jaune sur mes habits.» Charlotte étudiante de 23 ans à Toulouse explique ainsi: «On m’insulte, me crache dessus (littéralement) tous les jours dans le métro, le bus, mon école. Pourtant, je n’ai jamais insulté, frappé quelqu’un. Non, je suis juste musulmane. Je pense sérieusement partir vivre ailleurs, où le regard des autres ne me fera plus pleurer chaque soir dans mon lit. J’ai peur un jour de porter une lune jaune sur mes habits, comme l’étoile de David pour les juifs (…)» Pour Assia Boukhelifa, 22 ans, étudiante en sciences politiques à Lille. «Je trouve fou que les Français ont l’air de découvrir l’islam et nous parlent encore d’intégration alors qu’on en est aujourd’hui à la 3e, voire 4e génération de Maghrébins musulmans en France.»

Quelle place pour l’Islam en France ?

On dit qu’il y a près de 5 millions de personnes nées musulmanes pratiquantes à des degrés divers ou non pratiquantes, pour la majorité nées en France et à ce titre qui devraient être des Français à part entière au nom du droit du sol. Gilles Devers écrit à ce propos que l’on invente rien: «´´Islam de France´´, c’est un concept sarkozyste, que l’on retrouve logiquement dans les bagages de ce soldeur de la gauche qu’est Hollande, comme c’était écrit dès 2012. (…) Ah oui un Islam Bleu-Blanc-Rouge? Avec un gouvernement qui organise un culte dans un pays qui professe la séparation de l’État et des cultes, faites-moi rire… Dans le bazar actuel, où l’excité du burkini veut changer la Constitution de 1958 pour régler la vie des plages, le discours d’un Cazeneuve devient presque un bienfait. (…) c’est la même logique, la même volonté de domination: à coups de bâton ou avec de gentilles lois, il faut mater le muslim.» Gilles Devers pointe le vrai problème, peut-on être citoyen français et avoir sa propre religion sans que cela ne pose problème: «C’est la vraie ligne de fracture: êtes-vous capable de considérer ou non une personne parce qu’elle est musulmane et qu’elle a donc une vie spirituelle autonome? De droite ou de gauche, Juppé compris – qui nous fait le coup de la charte – incapables de comprendre le monde tel qu’il est. Sur ce point, je ne peux que déplorer de voir le staff dirigeant français de l’islam courir comme une dernière bouée de secours au service de ce colonialisme sans fin…»

Les tentatives de dociliser l’islam échouent: «Le chantier d’un ‘islam de France” connaît un nouvel écueil: la Grande mosquée de Paris menace de ne pas participer à la prochaine réunion de l’ ‘instance de dialogue” des musulmans avec l’Etat, sur fond de rivalités incessantes et paralysantes entre institutions. «Dans sa ‘nouvelle étape” en vue d’un ‘islam de France”, «le gouvernement a besoin d’aller vite pour faire une démonstration, en particulier parce que les échéances électorales approchent.», Cette instance a été lancée au printemps 2015 par Bernard Cazeneuve. Le ministre de l’Intérieur était désireux d’élargir le cadre du dialogue avec la deuxième religion de France actuellement représentée par des gestionnaires de mosquées en mal d’image et d’efficacité, Mais la GMP, dirigée par Dalil Boubakeur, estime que le gouvernement «cherche à entériner (ses) initiatives dans la précipitation et la confusion, sans une large et longue consultation consensuelle, comme ce fut le cas pour l’édification sereine du Conseil français du culte musulman (Cfcm)»

Une histoire apaisée de l’islam

A contrario, l’histoire suivante est là pour nous rappeler qu’il peut exister un islam serein accepté, non imposé. C’est le cas de Marine, convertie à l’islam qui déclare: «Je suis toujours la même, en mieux.»

«Ma conversion est une sorte d’émancipation» (…) Son cheminement, les étapes qui l’ont amenée à se convertir, a été progressif. En 2011, elle commence à se renseigner dans son coin – elle ne compte pas de musulmans parmi ses proches -, sur l’histoire et la pratique de cette religion. «Je voulais me faire ma propre idée d’une religion mal représentée, notamment dans les médias.» Elle lit le Coran en français et passe beaucoup de temps sur Internet, à consulter des forums. Petit à petit, elle arrête de sortir, de boire de l’alcool et de manger du porc. (…) »

« En janvier 2012, Marine prend sa décision. Elle a décidé depuis quelque temps, mais, sans personne pour la guider dans son entourage, elle ne sait pas comment procéder. Une rencontre va l’aider à sauter le pas. Ce jour-là, elle est en charge des cabines d’essayages d’une boutique de prêt-à-porter pour laquelle elle travaille en alternance. Elle approche une femme voilée, Alya, à peine plus âgée qu’elle (…) Elle lui demande de lui indiquer une mosquée où se convertir. Les deux femmes sympathisent et finissent par devenir amies. (…) Un mois après leur première rencontre, Alya accompagne Marine se convertir à la mosquée de l’Argonne, dans le nord d’Orléans. Avec son amie à ses côtés, elle récite la shahada – l’attestation de foi – un soir, dans une mosquée déserte. «J’ai pleuré, évidemment, car je me suis sentie en quelque sorte bénie et comblée, et surtout plus légère», se souvient-elle avec émotion. «Au fond, il n’y a pas grand-chose d’interdit.» (…) Pauline a-t-elle songé à suivre le chemin emprunté par sa grande soeur? «Ah non, pas du tout. Je n’arrive pas à avoir le feeling avec la religion, parce que je n’aimerais pas être limitée par un texte. On respecte nos choix», répète Pauline. Marine abonde: «Je ne vais pas l’empêcher de s’habiller comme elle veut ou la juger si elle porte une mini-jupe.» Elle regarde sa soeur en lui souriant: «Bon, par contre, je ne vais pas lui offrir un saucisson!» Et elles éclatent de rire.»

Un Islam de France est possible: le credo de ceux qui savent tout

S’intéresser à l’islam et donner son avis est devenu un filon dans lequel se sont engouffrés tous les spécialistes autoproclamés à l’instar de Gilles Kepel – qui arrive à publier un ouvrage par an, sur l’Islam, le dernier en deux mois entre novembre 2015 et janvier 2016 ! c’est dire si diaboliser l’Islam … c’est porteur – sur la nécessité de combattre les conséquences terroristes et qui dictent ce faisant aux Français comment ils doivent traiter l’Islam en France. Certains Thinks Tanks proposent des études avec un titre racoleur: «Un islam français est possible?» Ainsi, dans l’étude de l’Institut Montaigne nous trouvons un catalogue à la Prévert de ce qu’il faut faire en jetant l’anathème sur le financement externe des mosquées, sur le Cfcm, sur la nouvelle équipe dirigée par Jean-Pierre Chevènement chargée de réfléchir à un islam de France. Hakim El Karoui préposé justement à défendre ce brûlot en rajoute dans la plus pure tradition de la haine de soi. Morceaux choisis: «Pourquoi travailler sur l’islam en 2016? Parce que la violence qui s’est déchaînée en son nom en France, contre des Français, ne peut rester sans réponse. Il faut engager des changements profonds dans l’organisation de cette religion pour lui. Il encense ensuite une frange en diabolisant l’autre. Deux réalités très différentes donc: une majorité silencieuse, très souvent pratiquante, mais sans conflit majeur avec les normes de la société française, d’une part; une minorité, attirée par le fondamentalisme, qui utilise l’islam pour dire sa révolte, d’autre part.

Pour Hakim El Karaoui cinq mutations majeures doivent pourtant être engagées:

«Sortir l’islam de France de la minorité mettre fin à la tutelle d’États étrangers, qui ne tolèreraient en aucune manière sur leur sol ce qu’ils pratiquent en France: faire émerger de nouveaux cadres, religieux et laïcs, nés en France. Assurer à l’islam de France des ressources financières transparentes, travailler de façon efficace à la formulation et à la diffusion d’interprétations de l’islam alternatives aux discours de fermeture, de séparation et de soumission. Construire un islam français est donc possible mais, ô combien difficile! C’est pourquoi l’État devra s’investir au plus haut niveau pour faire émerger cette nouvelle organisation de l’islam français car il a encore un rôle à jouer pour faciliter les changements avant de se retirer ensuite, conformément au principe de laïcité. L’enjeu est essentiel: c’est notre cohésion nationale qu’il faut préserver, et, c’est aussi, pour les musulmans, l’occasion d’inventer une nouvelle modernité religieuse ».

«Face au danger terroriste, écrit il en préface du rapport , l’État se doit d’apporter une réponse sécuritaire. Vient ensuite l’injonction: «L’islam de France doit devenir français. Il ne l’est pas aujourd’hui. Les personnes qui le gèrent et celles qui représentent les musulmans français sont encore étroitement liées aux États d’origine. Elles ont importé les tensions qui existent entre certains États du Maghreb. Elles ne savent pas proposer des solutions susceptibles d’accélérer la sereine insertion de la majorité silencieuse, mais aussi des mesures destinées à combattre le fondamentalisme, tout en ramenant le plus grand nombre possible de musulmans, souvent des jeunes tentés par l’intégrisme vers des croyances et des idées en phase avec les valeurs républicaines.»

On peut se demander à qui est destiné ce rapport? Venant d’un Français qui se veut plus français et qui diabolise les pays qui ont peut-être vu naître ses parents.

La réalité: soigner les causes plutôt que les conséquences

On peut s’interroger à juste titre, pourquoi il n’y a pas eu de curée verbale telle que celle qui a eu lieu en France, où les Français d’espérance musulmane sont sommés chaque fois de se disculper par l’itératif « Pas en mon nom » . Les Français de souche ou assimilés s’ils sont d’espérance chrétienne ou juive croyant ou pas- ne considèrent pas les Français de culture musulmane croyants ou pas comme des Français à part entière. Ils n’ont pas cette empathie qui fait que ce pays qui a accueilli en en une année cinq fois que tous les autres pays d’Europe réunis ne jette pas l’anathème sur les émigrés. Au contraire à l’instar de la chancelière , ils croient en la force des institutions et à la forte volonté d’intégration du peuple allemand malgré ce tragique attentat. Il n’est pas question de déclarer la guerre à la mode Valls qui n’a pas cessé d’attiser les tensions montrant par là qu’il le fait par conviction ,il s’en est d’ailleurs expliqué longuement sur l’islam, au traditionnel tribunal dinatoire du Crif, pour reprendre l’expression d’Alain Finkielkraut, en février 2016

De fait dans l’attentat de Berlin à titre d’exemple, il n’y a pas cette curée des politiques pour des visées électoralistes et ils dressent des Français contre des Français. Nous lisons:

«Les Allemands vont-ils réussir à conserver leur sang-froid? Ou bien, neuf mois avant les élections générales, le pays risque-t-il de basculer dans une surenchère sécuritaire? «Ce que je ressens? Une profonde tristesse, une sorte d’épuisement, mais de la peur, je ne sais pas. Peut-être parce que l’on nous a tellement prévenus qu’il finirait par se passer quelque chose…», déclare Uwe, un Berlinois qui vit à dix minutes à vol d’oiseau du lieu de l’attaque. Jusqu’à aujourd’hui, la police allemande reconnaît une vingtaine d’attentats déjoués depuis 2002 et deux attentats perpétrés au nom de l’État islamique cet été, un bilan infiniment plus clément que le bilan français. Pourquoi? Il est difficile de trouver des arguments convaincants. Mais il est clair que l’Allemagne a une autre histoire migratoire que la France. Par ailleurs, malgré les différences de succès notoires en fonction des milieux d’origine, le très efficace système d’apprentissage dual a peut-être contribué à mieux intégrer qu’en France les enfants allemands issus de l’immigration. Enfin, autre explication, la position diplomatique traditionnellement prudente de l’Allemagne en fait peut-être une cible moins évidente.»

A lire le rapport, l’Institut Montaigne et Hakim El Karoui sont les seuls à détenir la solution pour un islam qui était toléré tant qu’il n’avait pas de visibilité due à la mal-vie des jeunes en errance et sans perspective réelle d’intégration. Pour rappel, l’Institut Montaigne a pour ambition entre autres de proposer des études, la cohésion sociale, l’Ecole primaire (le dernier Rapport Pisa pointe du doigt les inégalités en France selon les territoires), emploi des jeunes, diversité et égalité des chances). Rien de tout cela ne transparaît dans ce rapport contrairement. On peut parier que ce document laudateur ne sera lu par personne parce qu’il n’aborde pas les questions qui fâchent. Pour avoir une chance d’être crédible il eut fallu interroger les gens de cités où le chômage est surreprésenté près de 40%, il eut fallu interroger ces Français entièrement à part qui ont la priorité pour être arrêtés pour délit de faciès. Cet énième rapport ne tiendra pas la route car il occulte une donnée fondamentale, les causes qui ont amené ces jeunes à investir le champ religieux quand toutes les portes du temporel leurs sont fermées. Hakim El Karaoui propose à la République un Islam light, sans aspérité, sans le feu sacré porteur de liberté bien comprise. Il dénie à ceux qui sont nés hors de France de toucher à l’islam. Son échec est inscrit dans ses positions pour le moins discutables.

Pour un Islam gallican

On se rappelle la belle phrase de l’humaniste, Jacques Berque, traducteur du Coran et fin connaisseur de l’Islam et qui parlait – à juste titre- d’un Islam gallican apaisé en symbiose avec le vécu français dont le fond rocheux chrétien est une donnée structurelle, mais qui protège par une interprétation généreuse de la République la laïcité qui garantit le libre exercice des cultes à l’ombre de ses lois. Écoutons ses mots :

« Supposez qu’il se crée en France non pas un islam français, mais un islam de France, disons pour simplifier, un islam gallican, c’est-à-dire un islam qui soit au fait des préoccupations d’une société moderne, qui résolve les problèmes qu’il n’a jamais eu à résoudre dans ses sociétés d’origine qui, pour des raisons historiques, ne sont pas des sociétés du niveau du Nord de la Méditerranée. Figurez-vous le retentissement qu’aurait cet islam de progrès sur le reste de la zone islamique » .

Ainsi rêve-t-il écrit Adel Taamalli, d’un Islam de France, d’un Islam gallican, à la pointe du progrès dans le monde musulman. (…) Même si l’Islam se caractérise par rapport au christianisme par une absence de clergé (…) sa situation d’installation durable en France invite à se poser la question de savoir si sa propre organisation, ainsi que ses travaux canoniques et théologiques, ne doit pas se décider de manière indépendante face aux pays étrangers majoritairement musulmans. Car en effet, un islam gallican chercherait d’abord à établir un agenda en rapport avec les préoccupations directes et prioritaires des musulmans de France, sans que cela soit un appel à ce que les ponts soient coupés sur le plan spirituel avec le monde musulman lui-même, lieu depuis toujours, notamment à Al-Azhar, de la transmission de génération en génération de la phénoménale somme théologique et jurisprudentielle de l’Islam. (…) Une réflexion engagée ouvertement sur les liens entre gallicanisme et islam de France peut aider à la construction du vivre-ensemble, bien que celle-ci doive se faire par des musulmans, et selon un prisme islamique, tout en prenant en compte l’environnement social, culturel et politique. Car elle doit œuvrer avant tout pour le bien commun.

On l’aura compris, le vœu de Jacques Berque risque de rester « pieux » si on amont les Français musulmans ne sont pas considérés des Français à part entière, au lieu d’être tolérés à la périphérie de la République, avec moins de droits réels, avec toujours l’insulte et le délit de facies à tout bout de champ avec la sur représentation dans le chômage, les prisons bref tout ce qui n’appelle pas à la sérénité de l’exercice ou pas d’une religion apaisée vécue d’une façon sereine sans m’as-tu vu, par des Français à l’ombre des lois de la République qui , en l’occurrence doit constamment témoigner dans les faits sa forte volonté d’intégration et devenir ce faisant un plébiscite de tout les jours dont parlait si bien Ernest Renan dans sa belle conférence : Qu’est ce qu’une Nation ?

Il ne peut y avoir paix entre les religions que s’il n’y a pas d’interférences pour faire voler un fragile équilibre qui à titre d’exemple existe en Syrie et au Liban ,fruit d’un modus vivendi millénaire entre les différentes spiritualités . Un bel exemple nous est donné par une chorale musulmane qui chante dans une Eglise à Beyrouth au Liban nous lisons :

« Alors qu’au Liban, malgré les nombreuses guerres qui l’ont déchiré et les différentes occupations étrangères qu’il a subies, la coexistence s’est accommodée d’une relative démocratie et d’une liberté qui n’existe dans aucun autre pays arabe. La diversité et la tolérance interreligieuses n’y sont pas factices, elles sont existentielles. Sans ses chrétiens, sans ses musulmans, sans ses dix-huit communautés religieuses, le Liban ne serait tout simplement pas le Liban ».

La chorale des orphelines de la Fondation de l’Imam Moussa al-Sadr venue chanter Noël à l’église Saint-Elie de Beyrouth en est la parfaite illustration. Ce spectacle, a priori anodin, peut représenter un exemple à suivre pour les autres pays, notamment en Europe, où malgré les vaines tentatives de formatage artificiel des esprits, les uns et les autres vivent dans une méfiance réciproque sans cesse grandissante. Abolir les fêtes religieuses, comme certains rêvent de le faire, en France ou ailleurs, est une aberration. Ces fêtes, il faut les célébrer toutes, et il faut les célébrer tous ensemble. Pour que les uns et les autres apprennent les croyances et les traditions des uns et des autres. En n’oubliant jamais les règles premières de l’hospitalité : l’hôte ne demande jamais à son invité de renier qui il est, et l’invité respecte en tous points les règles et les particularités de son hôte ».

L’hospitalité, voilà encore une chose que Le Liban aurait à apprendre au reste du monde. Si seulement les Libanais comprenaient qu’au lieu de toujours importer les artifices venus d’ailleurs, ils pourraient exporter les fondamentaux de leur culture et de leur expérience, et ce faisant aider à construire le vivre ensemble universel »

.vidéo du chant : https://youtu.be/Fk6HxRgbkXM

Ce n’est pas une certain plaisir que nous rapportons cette autre empathie « Chapeau aux libanais! écrit un internaute commentant cette admirable tolérance Une petite info venant de Damas: Depuis le début de la guerre contre la Syrie et le sabotage et sabordage des générateurs d électricité par « les combattants de la Liberté (sans blague!!) dont l ASL et entre autres à Damas, des Mosquées et des Eglises étaient aussi touchées. Alors, les cloches des Eglises si fournies d électricité sonnaient pour l appel à la prière de vendredi. De même, que le Dimanche, le mouazzen d une mosquée la plus proche d une Eglise privée d électricité, appelé à la prière de Dimanche. C’est ça le Liban et la Syrie et non pas autrement comme depuis toujours! »

Dans le même ordre un autre internaute écrit : « Tant que les musulmans et les chrétiens au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde restent unis, l’Empire Anglo-judéo-sioniste n’arrivera à rien. Ses vampires se nourrissent des divisions . Je recommande l’écoute de Tania Kassis (Libanaise) qui chante Ave Maria accompagné par le Adhan (l’appel à la prière) Allah O Akbar.  Vidéo de l’Adhan et de l’Ave Maria .https://youtu.be/IhwJpac61Dg

Bel exemple de tolérance et de vivre ensemble. Le Liban faisait partie de Bilad ECham ( la Grande Syrie) comme creuset des religions. Pour l’histoire c’est la perfide Albion ( la grande Bretagne) et son âme damnée la France qui créèrent des problème à l’Empire Ottoman pour attiser les tensions interconfessionnelles et de ce fait imposer à l’homme malade de l’Europe ( l’Empire Ottoman) un gouverneur « Moutassarif » chrétien . C’est à cette époque que l’Emir Abdelkader s’était illustré par un fait exceptionnel il sauva les Chrétiens de Damas des émeutes fomentées par les puissances citées plus haut. L’Emir sauva plusieurs milliers de personnes , les hébergea, les nourrit pendant plusieurs semaines jusqu’à la fin des émeutes;

Plus près de nous et dans la même tradition Le Docteur Bachar Al Assad est allé rendre visite aux religieuses de Ma’alloula après les avoir libéré des griffes de Daesch.

Les Occidentaux devraient s’inspirer de cet exemple libanais et syrien » A n’en point douter s’agissant de l’Islam en France, une telle empathie jointe à une justice sociale qui ne laisse personne sur le bord de la route est de notre point de vue un gage de succès.

 

Publié dans Chronique du Maghreb

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